Affiche finale VESPER FR JPG

Synopsis: Marge Ofenbey s’isole dans une maison loin de tous pour fuir Walter, son sinistre mari manipulateur. Elle demande l’aide de son neveu Christian. Mais, Christian va bientôt découvrir les secrets que cachent Marge et Walter. Quelles sont les intentions véritables de Walter ? Pourquoi Marge est-elle hantée par les étoiles ?

Ciné panoramix donne la part belle au cinéma français et notamment à ses futurs réalisateurs. Et c'est une agréable surprise que Keyvan Sheikhalishahi, jeune réalisateur, nous offre. Si jeune et déjà une quasi maîtrise de la joute psychologique jouant sur les nuances de la lumière pour insuffler une atmosphère tendue à Vesper. Une imagination dispersée lui permet de mettre bout-à-bout un petit thriller bien mené ( Hitchcock en faisait de même). J'ai eu la chance de rencontrer et d'interviewer Kevin en exclusivité pour ciné panoramix, un réalisateur à la verve juste et efficace, tout comme son Vesper, il est une étoile qui va nous hanter.

Keyvan Sheikhalishahi : 

En faisant des films, j’ai un double objectif (comme je l’ai précisé dans l’interview), c’est de divertir le spectateur en créant du suspense, une trame divertissante qui le tient en haleine, tout en proposant un récit complexe avec des personnages qui apportent beaucoup de matière pour poser une réflexion. C’est une étude comportementale que je propose, sous forme de thriller, pour comprendre certaines réactions. Dans VESPER, il s’agit d’une femme qui essaie d’oublier la réalité, de la fuir, si on oublie le meurtre et on garde seulement le synopsis d'origine, le film aurait très bien pu être un drame social au final… il n’y a que le meurtre, l’atmosphère qui transforment le film en thriller à suspense. J’aime transporter le spectateur ailleurs lorsqu’il voit le film, et pour cela il m’est très important de créer un univers visuel, musical et sonore, une esthétique propre au film.

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Ciné Panoramix: 

Si je vous dis " étoile du matin je suis Lucifer et le soir venu je suis Vénus", que répondez-vous?

Keyvan Sheikhalishahi: 

Je n’avais pas songé en particulier à cette symbolique mais la connotation biblique me plait, elle synthétise bien les enjeux du film, surtout le côté paradoxal du personnage, sa chute psychologique. Marge, pour oublier son crime, essaie d’oublier la réalité tragique qui lui est insupportable, et ainsi d’imaginer une vie meilleure. Elle cache son jeu tout au long du film et à la toute fin, on comprend qu’elle est à la fois ange et démon. Comme Lucifer, Marge est devenu un ange déchu - le motif de la chute hante tout le film d’ailleurs -, et forme avec Walter un duo très diabolique. J’avais en effet cette volonté de jouer sur les paradoxes entre les deux vies de Marge, les deux mondes dans lesquels elle se trouve : le monde réel, tragique, sombre, où l’ombre menace, où le noir domine, marqué également par une détérioration de la nature et l’omniprésence de la mort qui hante les esprits - monde symbolisé par « Vesper », à laquelle Lucifer y est également associé, ici étoile du soir - ainsi que le monde fantasmé, plus lumineux, coloré, dans lequel Marge est une victime appelant à la rescousse - ici étoile du matin.

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Ciné Panoramix: 

Votre jeune âge ne semble pas être une entrave à l'élaboration de ce duel psychologique entre un mari retors et machiavélique et cette épouse austère et recluse. Ou avez-vous puisé l'essence de ce scénario?

J’aime les histoires et les personnages complexes, qui ont un vécu et cachent notamment leur jeu. Je ne cherche jamais à être inspiré lorsque j’élabore un scénario. Les éléments me viennent à l’esprit progressivement et de manière complètement désordonnée.J’essaie ensuite d’entamer un travail d’organisation pour construire une trame cohérente avec tous ces éléments. Toutefois, pour VESPER, j’avais bien l’envie de poser la question du meurtre en famille, thème très prisé par Alfred Hitchcock qui disait qu’il s’agissait du cas le plus dérangeant, troublant pour un meurtre, et qu’il a lui-même mis en scène dans L’Ombre d’un doute avec un oncle meurtrier. Je souhaitais aussi faire un film sur le soir, la nuit, pour créer une atmosphère pesante et mystérieuse, une véritable esthétique, et Jean-Claude Aumont a fait un travail magistral pour concevoir cette atmosphère. Je souhaitais également faire une histoire qui suive la structure réalité/imagination, car il me semble que c’est la meilleure façon de comprendre les personnages psychologiquement, de suivre leur fil de la pensée en voyant ce qu’ils auraient aimé vivre… Ensuite, les différents éléments du scénario me sont arrivés progressivement et j’ai vite eu un point de départ accrocheur pour moi.

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Ciné Panoramix: 

Pour un premier court-métrage vous mettez la barre haute. Pour arriver à ce savant mélange du film d'auteurs et à celui d'un cinéma de genre américain à l'atmosphère oppressante, il fallait être audacieux. Votre inspiration cinématographique qui vous l'a insufflé ? Lynch ? Xavier Dolan peut-être ?

Keyvan Sheikhalishahi: 

Je souhaite en effet que mes films soient un mélange entre films d’auteur et cinéma plus « divertissant », de genre américain. Le genre du thriller psychologique me permet justement de créer une histoire complexe, des personnages riches mais aussi dans le même temps, de concevoir une atmosphère qui capte le spectateur, un suspense qui le tient en haleine, un mystère qui le fait constamment interroger. En faisant un film, je pense toujours à Alfred Hitchcock, son univers, ses personnages, sa manière de filmer, car je pense que c’est bien lui qui a modernisé le cinéma et que c’est grâce à lui qu’une partie du cinéma existe aujourd’hui tel qu’il est. Bien évidemment, tous les thrillers des années 1980, 1990 sont des modèles pour moi, je peux en citer plein, mais si je ne devrais qu’en qu’un seul, je citerais « Basic Instinct », qui propose à la fois un scénario parfait et une réalisation très accomplie. J’ai énormément d’estime pour David Lynch également car ses atmosphères sont uniques et « Mulholland Drive » est bien plus qu’un film, c’est une véritable expérience que l’on vit, et j’aime ce cinéma. Je m’inspire également des James Bond et des films, tous à chaque fois surprenants, de Christopher Nolan. Je pense que le genre de film que je fais est assez éloigné de celui prisé par Xavier Dolan, toutefois j’aime tout le cinéma, tous ses genres, et j’ai beaucoup d’estime pour le parcours, l’énergie et l’esthétique de Xavier Dolan.

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 Ciné Panoramix:  

Pour terminer, le choix des acteurs est parfait et vous-même semblez-vous définir comme un électron libre malgré le paradoxe de votre rôle de "médiateur". Est-ce recherché ou bien est-ce l'ambiance du film qui déroute?

Keyvan Sheikhalishahi: 

Le personnage de Christian, que je joue dans le film, est à la fois au centre de tout le récit et celui qui est le moins présent. Je ne pense pas qu’il joue un rôle de « médiateur » entre Marge et Walter, toutefois c’est bien à cause de son sort que Walter revient retrouver Marge et vice-versa. Je pense que le personnage qui jouerait le rôle de « médiateur » dans le film serait Marge, car elle se trouve au centre du cercle, encerclée par Walter et Christian qui tournent sans cesse autour d’elle. Si Marge et Christian peuvent cohabiter comme Marge avec Walter, Christian et Walter eux ne le peuvent pas car ils proviennent de deux pôles contraires. Au fond, on peut penser qu’il n’y a qu’un choix qui importe, soit elle s’approche plus de Christian pour s’enfoncer dans l’imaginaire, soit de Walter qui la pousse à revenir dans la triste réalité.

Vesper Official Final Trailer - Götz Otto, Agnès Godey

CHRISTIAN.

 

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