(5/10)

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Synopsis: Représentant de commerce, Sam Cobritz est envoyé faire du porte à porte dans la région désertique du sud de la Californie. Après n’avoir croisé que des maisons vides et des portes closes, Sam doit se rendre à l’évidence, les habitants ont disparu. Sur le chemin du retour, les événements troublants se multiplient : sa voiture a été sabotée, d’inquiétants messages de menace lui parviennent et la police le prend en chasse. Seul, dans l’inconnu, pourra-t-il s’extirper du piège qui semble se refermer sur lui ?

« Sam Was Here » est un (petit) long métrage du réalisateur français Christophe Deroo réalisé en une dizaine de jours avec un budget ridiculement faible. Une prouesse pour ce jeune réalisateur qui compose son film avec des codes cinématographiques riches accompagné d’une mise en scène fluide et précise. Malgré ça, le film se vautre royalement. Explications. Il faut tout d’abord se pencher sur le film dans sa globalité pour en comprendre ensuite ses aspérités. Pour contextualiser, Sam se retrouve au milieu d’un désert aride, perdu dans une campagne isolée. Commercial pour une société à L.A., il démarche ses clients sur les routes. Or, il ne rencontre personne et décide donc de rentrer avec l’impression étrange d’être épié… Le film commence donc comme un « survival » électrique et très mystérieux sous une chaleur moite et une atmosphère pesante. Le réalisateur l’a bien compris, les images véhiculent parfois plus de sens que le dialogue en lui-même. Il décide donc de projeter son personnage dans une solitude géographique extrême pour poser les bases de ce « survival fantastico-psychédélique » qui commence par un générique calibré. Long, menaçant et avec une BO électronique, ce dernier s’étale sur plus de sixminutes et n’est pas sans rappeler les génériques des films d’horreur des années 80. Par ailleurs, les références dans le film sont multiples; du motel hitchockien en passant par la salle de bain voyeuriste, le film trace une ligne contemporaine vers des films de série B efficaces (mais connus pour leurs échecs au box-office) comme « The Hitcher », « Motel » ou bien encore « The Strangers ». La représentation du désert américain est impeccable, magnifiée et littéralement angoissante. Le réalisateur joue sur les lignes de fuite, le sur-cadrage et décentre son personnage afin de clairement signifier le décalage et la note inhabituelle pour ce film qui prendra par la suite des allures bien moins formelles.

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 L’intrusion du fantastique (par ce point rouge lumineux) aurait pu être un atout pour « Sam Was Here ». Or, il est exploité comme un prétexte au surréalisme et à l’incohérence d’un scénario qui ne sera jamais explicité. Outre ces défauts contestables, le film souffre d’un manque cruel de crédibilité. La balle dans l’épaule, les chorégraphies des acteurs, le jeu, tout semble mené à une énorme farce cinématographique qui aurait pour seul objectif de tromper le spectateur. On observe discrètement les visages masqués, l’intrigue complotiste, le scénario lynchéen absurde et retourné ainsi que la mise en abyme de l’acteur observédoublé par notre propre visionnage.

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C’est complexe et à la fois trop limpide pour être finalement la clé de la compréhension de ce film qui peine donc à convaincre. Remarqué à Gérardmer et dans d’autres festivals, ce dernier n’aura pas la chance de voir le jour en salles. Auparavant intitulé « Némésis » et renommé avant sa sortie « Sam Was Here », le film aurait pu néanmoins faire écho à la déesse de la colère dans la mythologie grecque souvent assimilée à la vengeance car il semble en effet retracer un enfer particulier, celui du personnage très stéréotypé de Sam, et malheureusement se prêtait davantage à un format court qu’à une production grand format.

SAM WAS HERE Trailer 2 (2017) Horror Movie

MATTHIEU EB.

 

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