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Synopsis: Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.

  La seule approche du film plausible, à mon sens, est de l’aborder sur son esthétisme.  Le plus frappant dans ce contexte est la mise en « interligne » des acteurs qui se retrouvent comme des pièces sur un échiquier. La nature prend toute sa mesure, elle est à la fois surprenante, terrifiante, étouffante, malgré ses grands espaces, et envoutante. Dans ce film l’image suffit, le vent, les arbres, l’eau, la neige et la faune parlent et s'articulent avec une magie singulière. L’Homme dans ce contexte retrouve sa place initiale, il n’est plus le prédateur mais devient la proie d’une nature sauvage et hostile, dépourvu, il devra malgré tout trouver une énergie et une volonté de tous les instants pour subsister. Ce fut un tournage éprouvant s’accorde à dire Léonard DiCaprio (The Devil in the White City,Gatsby le Magnifique) qui dût affronter des températures de -30° dans le nord Canadien et le blizzard. L'histoire a pour décor, les contrées  lointaines des rocheuses, le Dakota du nord et  les rives du Missouri d’où furent chasser la tribu indienne des Arikaras.Cett peuplade d’agriculteurs fut persécutée d’une part par les Sioux ,tribu belliqueuse qui les massacrait pour leurs vivres et par la suite ce sont les trappeurs de l’Empire britannique, Américains ainsi que les francophones canadiens et européens  qui s’approprièrent la province , obligeant ceux-ci à faire du troc pour survivre.

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Copyright Twentieth Century Fox France

Alejandro González Iñárritu à qui l’on doit Birdman & Babel, ne s’y trompe pas, le choix en récidive d’Emmanuel Lubezki (Birdman, Gravity) comme directeur de la photographie, va à lui tout seul, magnifier  le film, utilisant uniquement la lumière naturelle, il va apporter une touche de véracité inconstatable à The Revenant. Basé sur le livre de Michael Punke et du trappeur Hugh Glass ayant réellement existé, le film n’en reste pas moins une fiction. L’histoire , à la base toute simple usant  jusqu’à la trame la quête de vengeance, est prétexte à sillonner les tréfonds des multiples  personnages composant ce « mountain movie ». La neige immaculée semble être là pour donner plus de  contraste à la noirceur des évènements, entachant ainsi d’un sentiment de confinement et de frayeur, des paysages d’ordinaires majestueux. Le paradoxe est omniprésent, de plans serrés en plans aériens (l’ombre de Sergio Leone plane) on va valser entre  cruauté et  beauté, un amalgame « jouissif ».

" MAN IN WILD"

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La scène d’ouverture est anthologique, l’attaque d’un campement de trappeurs par les  Indiens est d’une minutie renversante, donnant une authenticité supplémentaire au film qui n’en manque déjà pas, que dire aussi de l’agression époustouflante d’Hugh Glass par un grizzly d’une exactitude admirable. Le film cheminant, des « relents » de Danse avec les loups, Jeremiah Johnson ou Le dernier des mohicans sont perceptibles, on se rend compte que The Revenant est un film à part, dans une région où Dieu ne semble n’être que spectateur, où la philosophie indienne a sa place , où la nature s’exprime à la place de l’Homme. Comme autant de sentiers de montagnes, les hommes et l’histoire vont s’éparpiller en plusieurs directions distinctes, chacun pour des raisons différentes, mais pour arriver finalement au même emplacement. La force de survivre, la trahison, la lâcheté, la barbarie et l’amour sont autant d’ingrédients qui font de l’homme ce qu’il est dans une nature sauvage qui n’en a cure. The Revenant  est intemporel tant par son histoire ancestrale que par sa fatalité, c’est aussi un « man in wild » mais c’est aussi un hymne à l’amour. L’image parle, la narration ne tient pas une place importante.

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A la fois tonique,  brutal, ce film est un coup de « blizzard » sur le cinéma, depuis qu’on l’espérait. Toutefois un seul bémol, la mise en avant outrancière dans une scène, des atrocités commises sur les Autochtones par le biais  d’un seul groupe de trappeurs « francophone». On y voit là une façon peu catholique de contourner la vérité. Faut-il rappeler que c’est sous l’autorité britannique et américaine qu’au début du XIXème siècle, des Canadiens (coureurs des bois) étaient appelés pour leur expérience dans la chasse aux castors, faut-il aussi se remémorer le génocide des peuples indiens ? La mise en servitude de ceux-ci ? La recrudescence de naissances métisse? L’éradication, par la maladie apportée, de centaines de tribus ?  Est-ce une maladresse ou bien intentionnel, un éclaircissement s’impose. The Revenant c’est avant tout une immersion au plus profond de soi, une recherche de ressources alimentée par l’esprit de vengeance, une volonté de vivre coute que coute, une réflexion sur soi-même. C’est bien plus qu’un film, c’est une poésie.

The Revenant - Nouvelle bande-annonce [Officielle] VOST HD

CHRISTIAN.

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