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Beaucoup de surprises en ce début de Festival ; entre déception et choc, les films étalés sur les différentes catégories offrent leur lot d'émotions singulières parsemées néanmoins de quelques petits échecs. Retour sur sept films qui ont marqué nos esprits cinéphiles.

 Un homme et une femme, Claude Lelouch, 1966 (Cannes Classics) 7/10 

Il y a 50 ans Claude Lelouch réalisait Un homme et une femme avec un budget restreint qui aurait pu aujourd'hui s'approcher des 250000$ selon le réalisateur. Victime d'un immense succès tout aussi critique que commercial, il recevra une soixantaine de récompenses dans le monde entier. Jean-Louis Trintignant et Anouck Aimé sont à nouveau réunis sur pellicule restaurée dans ce long métrage intime et pudique. D'une douceur enivrante, le film explore les différents aspects du couple entre rencontres, flash-backs poétiques, balades sur la plage et longues escales routières. C'est dans une atmosphère vagabonde sur fond de liberté que ces deux âmes tombent amoureuses cristallisant à merveille l'esprit des films de la Nouvelle Vague.

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Copyright Les Films 13

Le voyage au Groenland, Sebastien Betbeder, 2016 (ACID) 6/10  

L''ACID et Thomas Blanchard se retrouvent à Cannes pour un film tout en légèreté et fraichement drôle. Présenté comme un petit bijou comique indépendant, le film termine la trilogie entamée par Sebastien Betbeder comportant un court métrage et un documentaire fiction présentant les personnages et annonçant l'arrivée d'un éventuel long métrage qui aboutira finalement. Le film se loge dans une veine réaliste mêlant habilement fiction et documentaire dans un village inuit et ressort de cette association une œuvre personnelle, drôle et émouvante. Sur un jeu subtil et économe, le comique de situation prime sur l'hilarité du film et l'on reconnaît les influences américaines au genre mumblecore ; acteurs charismatiques, économie visuelle sur une histoire personnelle avec la thématique de la jeunesse artistique perdue avec un clin d'œil mesquin sur une certaine catégorie sociale parisienne : les « bobos ». Jouissif !

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Copyright UFO Distribution

Poesia sin fin, Alejandro Jodorowsky, 2016 (Quinzaine des réalisateurs) 2/10  

Dur de dépasser l'absurdité assumée du film qui se perd dans son propre concept. L'histoire vraie du réalisateur interprété par son propre fils. Trop d'incohérences autobiographiques dans une mise en scène théâtrale, visuellement assommante quoiqu'éblouissante.

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Copyright Pascale Montandon-Jodorowsky

Ma Loute, Bruno Dumont (Compétition Officielle) 3/10  

Avec des acteurs en forme et d'une férocité comique à toute épreuve, Ma Loute a du mal à convaincre face à un public mitigé entre incompréhensions et longueurs scénaristiques. Grande déception pour Bruno Dumont qui dans le même esprit que P'tit Quiquin signe un film caricatural sur un fond comique décalé qui ne prend pas.

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Copyright Roger Arpajou

Les Démons, Philippe Lesage, 2016  (Écrans Juniors) 4/10  

Film canadien présenté dans la catégorie "écrans juniors", il aborde plusieurs sujets sensibles sur la jeunesse. Entre adultères, amitié, pédophilie et suicide, dur de se raccrocher aux éléments positifs qui peinent à émerger. Trop académique, son but principal est de délivrer un message. Longs plans fixes et travellings légers, l'esthétique automnale du film, sur des paysages de banlieue montréalaise, sert le propos et renforce l'atmosphère suffocante et angoissante. D'une juste finesse, il n'en reste pas moins très sombre et peine à s'émanciper due à sa visée pédagogique trop explicite.

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Copyright Paname Distribution

Grave, Julia Ducournau,2016 (Semaine de la Critique) 6/10  

Film choc de cette année, Grave aborde, sur un fond de "tragédie grecque" sanglante, la découverte de la sexualité de son héroïne qui, dans sa nouvelle vie d'étudiante, va se voir muter en une toute nouvelle personne. C'est un film corporel qui nous est présenté après l'avertissement avisé des distributeurs l'ayant interdit au public mineur. Comédie, horreur, drame, dur de genrer ce film qui transperce les codes et marque les consciences. Trouvant sa force dans un scénario atypique et tabou, la dose d'hémoglobine retourne le cœur. Les jeunes actrices, puissamment convaincantes interprètent à merveille deux sœurs empreintes d'un lourd secret. Sans trop en dévoiler, le concept audacieux est solide et l'on ne peut que saluer cet exploit de rassembler l'univers gore (qui fait écho au cinéma de David Cronenberg) avec l'ancrage d'un cinéma français plus moderne. Néanmoins, aucune date de sortie n'est encore communiquée.

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Copyright Wild Bunch

Mademoiselle, Park Chan-Wook, 2016 (Compétition Officielle) 9/10   

Réel coup de cœur de cette mi-saison, Mademoiselle est d'une souplesse visuelle éblouissante. Il ravira tous les fans du réalisateur qui avaient notamment aimé Thirst ou bien Stoker... Les regards caméras tremblants, les arrêts sur images, les jeux de netteté, tout y est ! C'est une fable érotique en trois tableaux que nous offre PCW mettant en scène deux femmes majestueuses et gracieuses qui se livrent à un jeu de manipulation cocasse. Il faudra attendre le 5 octobre avant de pouvoir admirer Mademoiselle dont chaque plan, chaque paysage livre l'émotion visuelle d'une œuvre picturale.

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Copyright The jokers

Ciné Panoramix revient bientôt pour un dernier article cannois avec entre autres : Juste la fin du monde, Personnal Shopper, Julieta, Aquarius et bien d'autres...

MATTHIEU EB.

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