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Synopsis: XVIIème siècle, deux prêtres jésuites se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira, disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.

Le début du XVIIème siècle voit l’arrivée des Shôguns marquant la période d’Edo et l’ambition d’un contrôle du Japon sur tous les plans, politiques, économiques, sociales mais surtout la religion au centre des préoccupations. La répression religieuse des Tokugawa était principalement centrée sur les Chrétiens pendant deux siècles et demi. S’en prenant aux missionnaires, le Japon faisait valoir le droit de ses propres divinités de défendre son propre pays. En 1614 un décret tenait à interdire le christianisme dans toute l’île en dénonçant cette religion comme « aberrante », la percevant comme destructive de la tradition bouddhiste. Similaire à une envie contemporaine de stratégie politique visant un pays à se refermer sur lui-même et ainsi à contrôler plus étroitement les échanges avec l’étranger. L’expulsion des Jésuites, l’éviction des Espagnols et le refoulement des Portugais, laissa place nette aux seuls Hollandais et Chinois pour le commerce. La rébellion de Shimabara contre le Shogunat en 1637, où 40 000 Chrétiens furent tués, marquera le début des humiliations et tortures infligées aux chrétiens. 

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Dans tout le pays on fustige le Chrétien, on inflige l’obligation de renier publiquement sa foi en utilisant le « symbole » comme moyen d’oppression (une tablette représentant des icônes bibliques devait être foulée du pied). Obligeant une population à se rendre dans les temples bouddhistes régulièrement. Tout refus de conformisme était châtié par la crucifixion ou bien brûlé vifs. Nous parlons bien d’une inquisition Japonaise contre le Catholicisme. Le film de Martin Scorcèse s’inspire du roman de Shusaku Endo paru en 1966, l’auteur dira en avant-propos de celui-ci : « Les nouvelles parvinrent à l'Eglise de Rome. Christophe Ferreira, envoyé au Japon par la Compagnie de Jésus portugaise, après avoir subi le supplice de « la fosse » avait apostasié à Nagasaki. Il est "impensable qu'un tel homme pût trahir sa foi, si terribles que fussent les circonstances devant lesquelles il fut placé" ».

Il y décrira une série de persécutions, de crucifixions et il parlera de 37 prêtres restés cachés dont le père Ferreira. Justement le film va tourner à rendre compte ou non de l’apostasie du prêtre (des missionnaires en général) qui pourrait porter l’estocade à une religion catholique très chahutée dans ces périodes troubles déjà. C’est dans cette ambiance de chrétienté bafouée et martyrisée avec comme décor une religion clandestine que le film va tenter son récit. Martin Scorsese va tenter de développer une espèce de « Battle » entre une philosophie et la chrétienté, opposant des divinités au dieu unique.

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De joutes verbales interminables en larmoiements le film va perdurer en longueurs (langueurs) monotones, alors évidemment, me direz-vous, c’est un sujet difficile à maîtriser. Je pense pouvoir dire que le thème aurait dû être abordé sans parti pris ce qui l’aurait rendu meilleur, mais cela n’est pas le cas ici (à l’instar du livre par ailleurs puisque l’auteur était chrétien). Dans son ensemble le film est une réussite au niveau de la reconstitution d’un Japon sous la domination « Shogun » ainsi que le mode de vie d’une nation sans « middle caste » et asservie par une puissance rappelant sans doute notre moyen-âge avec ses seigneurs féodaux. Les imperfections viennent du jeu d’acteurs qui n’arrivent jamais à nous émouvoir, emmaillotés dans une « crasse » omniprésente, ils ne parviennent jamais à transcender l’essence même de cette période « inquisitoire ». Andrew Gardfield qui crevait l’écran tout récemment dans « tu ne tueras point » n’a malheureusement pas récidivé, pataugeant dans une prestation le rendant parfois pathétique et agaçant. 

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Les scènes, d’essais d’assujettissements moraux et d’abjurations religieuses, se succèdent dans des tournois d’argumentations ressassées à l’endroit et l’envers.  Les plans de tortures qui « guident » le film semblent manquer parfois, elles aussi, d’un total réalisme. Silence navigue durant 2h40 dans des eaux calmes loin d’un tumulte auquel on était en droit d’attendre d’une époque aussi trouble. Un film trop aseptisé souffrant cruellement de véracité, non pas historique (cela est quelque peu respecté) mais d’un ébranlement du spectateur qui ne vient jamais. Malgré les références piochées à « Mission, de Roland Joffé » (et ils sont nombreux), le film souvent poussif, reste de marbre dans un silence de cathédrale.

Pour l’anecdote, dans une scène du film Liam Neeson semble avoir gardé son costume de Jedi…….

Silence Official Trailer 1 (2017) - Andrew Garfield Movie

CHRISTIAN

 

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