(8/10) 

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Synopsis : Dean emmène Lana dans l’hôtel où ils se sont aimés pour la première fois. Dean a inventé une machine à remonter le temps, qui leur permettra de rectifier les erreurs qui ont fissuré leur couple… Le voici prêt à revivre ce jour magique, jusqu’au jour où il se retrouve coincé dedans: chaque fois qu’il recommence, son personnage reste prisonnier de la scène. Tandis qu’un autre boyfriend rôde, Dean et ses doubles vont tout faire pour tenter de retenir Lana…

Et si nous pouvions voyager dans le temps et réparer nos erreurs passées pour reconquérir l'amour de notre vie ? Un fantasme romantique sur lequel beaucoup se sont déjà attelés auparavant comme Comet et son récit déstructuré About Time et ses va et vient dans l'espace temporel ou encore le mythique Groundhog Day pour ne citer qu'eux. Tous explorent le temps, autour d'une construction singulière mêlant intelligemment le temps diégétique dans une structure de récit clair et compréhensible. Ici, Hugh Sullivan s'attache à jouer sur la notion d'infini dans ce très beau long métrage au budget ridiculement faible. Pour pallier le manque, il construit un scénario intelligent et met en scène trois acteurs talentueux et plein de charme dans un décor unique et personnel.« It's theatre. It's a greek tragedy. "That's what it is" réplique ironiquement l'actrice en plein milieu du film lançant un petit clin d'oeil au spectateur qui doit se demander à quoi il est en train d'assister. The Infinite Man est en effet très particulier. Il place son action dans un « mono-décor », sorte de huis clos que l'on pourrait facilement assimiler à un décor de théâtre, totalement uni dans lequel les personnages évoluent et l'utilisent faisant jouer l'imagination du spectateur. Le double intérêt de ce choix de mise en scène est cocasse car en plus de symboliser l'inconscient perturbé du personnage de Terry, il permet d'uniformiser l'action pour que le spectateur ne s'attarde que sur l'histoire d'amour qu'il vit avec Lana. On se réfère donc aux dialogues habilement écrits et aux différentes perspectives pour suivre les croisements de temporalité que subit le récit, entremêlé de mini-twists permettant de comprendre petit à petit l'ensemble des actions qui s'imbriquent les unes entre les autres. Le film serait donc l'exploration de la conscience de Terry représenté par le motel miteux perdu dans le désert, retraçant ses erreurs, ces remords, ses peurs et ses doutes. Or, la rupture est un sujet banal dans les films américains, mais Hugh Sillivan arrive parfaitement à combiner l'humour d'une tragicomédie et un comique fin, presque transparent.

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La mise en scène quant à elle, est travaillée avec précision et audace. Le film enchaine les fondues enchainées, les recadrages secs et graduels, les effets de doublons, de perspectives jouant sur les différents points de vue et énormément sur les regards. Car sans être subjectif, le film, qui serait éventuellement une compilation des souvenirs de Terry, joue sur cette notion d'infini à travers le prisme de trois personnages qui à eux seuls constituent des dizaines d'actions distinctes et rassemblées, s'unissent pour au final ne former qu'une seule action : la rupture. Le mémoire est donc un élément présent tout le long du film avec l'enregistrement de souvenirs, les différentes chambres du motel représentant les multiples réalités alternées dans  l'inconscient de Terry. Par ailleurs, Hugh Sullivan joue l'ironie jusqu'au bout en créant ce personnage masculin, obsédé par l'idée de clarté, d'ordre et de compréhension en totale opposition avec ce qu'il vit.

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En soi, The Infinite Man prouve à lui seul que les comédies romantiques n'ont de cesse de se réinventer et qu'il est possible, juste avec une mise en abyme intelligente et un scénario original, de recréer le chaos mental d'un homme qui a subi une rupture douloureuse.

THE INFINITE MAN Bande Annonce (Science Fiction - Romance)

MATTHIEU EB. 

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