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Synopsis: La folle journée d’Eddie Mannix va nous entraîner dans les coulisses d’un grand studio Hollywoodien. Une époque où la machine à rêves turbinait sans relâche pour régaler indifféremment ses spectateurs de péplums, de comédies musicales, d’adaptations de pièces de théâtre raffinées, de westerns ou encore de ballets nautiques en tous genres. Eddie Mannix est fixer chez Capitole, un des plus célèbres Studios de cinéma américain de l’époque. Il y est chargé de régler tous les problèmes inhérents à chacun de leurs films. Un travail qui ne connaît ni les horaires, ni la routine. En une seule journée il va devoir gérer aussi bien les susceptibilités des différentes communautés religieuses, pour pouvoir valider leur adaptation de la Bible en Technicolor, que celles du très précieux réalisateur vedette Laurence Laurentz qui n’apprécie que modérément qu’on lui ait attribué le jeune espoir du western comme tête d’affiche de son prochain drame psychologique.Il règle à la chaîne le pétrin dans lequel les artistes du studio ont l’art et la manière de se précipiter tous seuls. En plus de sortir une starlette des griffes de la police, ou de sauver la réputation et la carrière de DeeAnna Moran la reine du ballet nautique, Eddie Mannix va devoir élucider les agissements louches du virtuose de claquettes, Burt Gurney. Cerise sur le gâteau, il a maille à partir avec un obscur groupuscule d’activistes politique qui, en plein tournage de la fameuse superproduction biblique AVE CÉSAR lui réclame une rançon pour l’enlèvement de la plus grosse star du Studio, Baird Whitlok. Le tout en essayant de juguler les ardeurs journalistiques des deux jumelles et chroniqueuses ennemies, Thora et Thessaly Thacker. La journée promet d’être mouvementée.

Les films de Joel et Ethan Coen sont de ceux que les amoureux du cinéma attendent avec une excitation enfantine. Et pour cause, les deux frères de Fargo à Inside Llewyn Davis en passant par The Big Lebowski, No country for old men ou encore Burn after reading, ont su nous livrer aussi bien des comédies percutantes que des drames sombres, tous portés par des scénarios inventifs et des jeux d'acteurs impeccables. En situant leur nouveau film dans les studios Hollywoodiens des années 1950 et en nous proposant un casting royal – Josh Brolin (The People Speak,Everest), Georges Clooney (Money Monster,Gravity), Scarlett Johansson (Tous en scène,Her), Tilda Swinton, Channing Tatum et le jeune Alden Ehrenreich (Blue Jasmine,Twixt) – les frères Coen nous promettent du beau spectacle.

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Copyright Universal Pictures International France

Au cours d'une journée nous sommes invités à découvrir l'envers des décors du grand studio Hollywoodien Capitol Pictures, dans lequel Eddie Manix, au poste de fixeur, ne cesse de courir pour régler, masquer, étouffer tous les problèmes créés par des stars capricieuses. Le concept est simple et laisse carte blanche à l'humour incisif des Coen. On y retrouve alors avec délice leur sens de la parodie lorsqu'ils reprennent les codes des différents genres de l'âge d'or hollywoodien: le péplum biblique, la comédie musicale (scène savoureuse dans laquelle Channing Tatum se livre à une danse de claquettes), le drame psychologique, le western, sans oublier le ballet aquatique dans lequel Scarlett Johansson se présente en star grossière et capricieuse. La belle tendance des deux frères à l'autodérision est également de mise. On a même le plaisir de retrouver une scène de kidnapping (voir Burn after reading) dans laquelle un Georges Clooney au jeu irrésistible est la victime.

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On regarde Ave César ! avec la même joie enfantine qui pouvait nous tenir en attente du film. Les scènes sont bien écrites et les acteurs nous font rire sans difficulté. Seulement voilà, à trop aimer jouer on reste quelque peu à la surface des choses et le plaisir du cinéma tend à s'atténuer quand le divertissement lui-même s'essouffle. Le dernier film des frères Coen est irréprochable dans les détails, l'esthétique est impeccable et chaque mot, geste et intonation sont à sa place ; mais ces détails sont comme décousus des uns des autres. Les histoires se suivent toutes avec grand plaisir sans véritablement interagir entre elles car il manquerait les maillons, la narration forte qui les relierait.

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Alors que les minutes passent, le film se dessine peu à peu comme une fresque dont les chapitres seraient indépendamment savoureux, au détriment du relief et de la profondeur générale. En sortant de la salle de cinéma, une fois l'hilarité passée, il nous reste une sorte de sensation de vide, et le désagréable regret des premiers films des Coen, plus modestes certes, mais dont l'histoire n'était pas laissée sur le carreau.

Ave César! / Bande-Annonce Internationale VOST [Au cinéma le 17 février 2016]

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LAETITIA G.

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